Une Dissertation Sur Le Voyage

Lorsqu’on commence à préparer un voyage, on est souvent étonné d'en savoir aussi peu sur la destination choisie. On a bien quelques images en tête, de vagues notions de géopolitique et l’on peut, bien sûr, situer le pays sur la carte du monde, mais ça ne suffit jamais à dissimuler notre relative ignorance. On a donc souvent beaucoup à apprendre. Il faut s’arranger, bien sûr, pour ne pas partir entièrement démuni mais, le plus gros de notre nouveau savoir on l'acquiert sur place, par immersion totale. Le voyage est une remarquable école dont l'enseignement finit toujours par laisser des traces.

Saviez-vous que les villes de Memphis et de Philadelphie n'ont pas toujours été des villes américaines? Connaissez-vous la différence entre les Mongols et les Moghols? Pouvez-vous nommer la capitale la plus haute du monde? Vous doutiez-vous que le peuple inca n'a jamais existé? Ce n'est pas grave : on peut quand même dormir sur ses deux oreilles sans savoir que Memphis était une ville de l’ancienne Égypte; que Philadelphie était le nom romain d’Amman, la capitale de la Jordanie; que les Mongols sont un peuple vivant au nord de la Chine alors que les Moghols sont une dynastie qui a jadis régné sur l'Inde; que La Paz, en Bolivie, avec ses trois à quatre mille mètres d’altitude, détient le titre de capitale la plus élevée du monde; que le mot inca veut dire ministre en langue aymara et que c'est par méprise que les Espagnols l’ont attribué à l'ensemble de la population des Andes.

Ignorer  tout cela n’est guère dérangeant. Pourtant, il y a un réel plaisir à apprendre ces choses inutiles. Ces petites bulles de savoir font pétiller la vie comme du bon champagne. On peut en quelque sorte s’offrir un surplus d'histoire grâce à l'histoire des autres, un surplus de culture grâce à la culture des autres, un surplus de beauté grâce à la beauté des autres. C'est un luxe inestimable…

« Le voyage n’est nécessaire qu’aux imaginations courtes. »
Colette, Belles saisons.

Le voyage est une chose essentielle dans la vie d’un homme. Qu’il se fasse sous
forme de rêve ou dans la réalité, il apporte à celui qui y prend part un sentiment de
liberté hors du commun.
Aujourd’hui, tout est possible pour celui qui désire voyager. Il lui suffit de commander
un billet d’avion,de prendre sa voiture ou même simplement d’aller sur internet.
Le terme « voyager » est vaste. On peut voyager en écoutant de la musique, en
regardant un film, en rêvant… tout ce qui permet de nous évader de la réalité, même
un court instant, peut être considéré comme voyage.
Tous les moyens sont bons pour voyager, pour sortir l’être humain de son quotidien
parfois monotone et maussade.Chacun a sa manière de voyager, pourvu qu’il
atteigne le bonheur que procure le voyage. On peut facilement voyager en rêvant,
grâce à notre imagination. Le simple fait de regarder une émission télévisée sur des
destinations exotiques ouvre notre appétit de voyageur.
Mais alors, dans ce cas, pourquoi le voyage ne se limite-il pas seulement à
l’imagination ?
Pourquoi le voyage, demanière physique, est-il si important ?

Nous allons, pour cette dissertation, différencier deux types de voyage :
Le voyage mental, celui de l’esprit, qui a lieu dans la tête, et le voyage physique,
celui du corps, qui a lieu partout sur la planète.
Commençons par défendre l’hypothèse que soutient Colette.
La forme la plus courante du voyage mental est celle du rêve. Le rêve est un outilfantastique de notre imagination. Il nous permet de visiter des contrées imaginaires,
d’inventer mille et uns endroits féériques (ou maléfiques lorsque l’on parle de
cauchemar), de s’évader là où on ne l’aurait jamais fait. Quand nous rêvons, notre
subconscient prend les commandes. Il nous fait aller là où ne serions jamais allé. Il
défie les lois de la physique et de l’entendement pournous emmener le plus loin
possible de la réalité dans laquelle nous sommes prisonniers. L’imagination nous
libère de toute contrainte et laisse libre cours à notre créativité. En rêvant, non
seulement on voyage, mais on comble aussi nos frustrations et on assouvit nos
fantasmes. On réalise l’irréalisable, on atteint l’inatteignable, on accède à
l’inaccessible, on fait dans nos rêves ce quel’on aurait jamais pu ou oser faire dans
la réalité. Et tout ceci dans notre tête !
Cela a de quoi nous donner le vertige quand on sait l’infinité de scénarios possibles
dans un rêve, le nombre illimité de paysages, d’endroits où l’on peut voyager.
On visite des cités futuristes, on s’improvise commandant de bord d’un vaisseau
spatial, on déguste un met improbable devant un paysagedécomposé, on voyage
sur d’autres planètes, on rencontre des personnes décédées ou alors on s’essaie à
des activités dont l’on n’aurait jamais soupçonné jusqu’à l’existence. Faire une liste
exhaustive de ce qu’un rêve peut nous faire faire est tout simplement impossible tant
les combinaisons d’évènements et d’objets sont astronomiques.
Le rêve, c’est la liberté illimitée de l’esprit. C’est levoyage mental infini.
Les surréalistes, leur leader Breton en premier, affirmaient que le rêve faisait tomber
les interdits et laissait libre cours à la création. Ils prônaient l’anti-conformisme à
contre-courant de la réalité et s’essayaient à diverses expériences littéraires et
artistiques (l’écriture « automatique » sous influence du subconscient).
Selon eux, l’imagination permettaitd’échapper au monde réel, trop morose et
bourgeois, trop figé, pour accéder au monde de l’imaginaire, où tout était possible.
Ils pensaient que le monde réel n’était qu’une partie de l’univers, qu’une autre partie
était constituée du monde imaginaire.
Tout ce qui se passe dans les rêves appartiendrait donc à une autre réalité, définie
autrement, se situant ailleurs, quelque part,...

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